Silice Cristalline Alvéolaire dans le BTP : comment prévenir plutôt que guérir

Sommaire

  1. Secteur de la construction : Quelles activités sont principalement touchées par cette exposition ?
  2. Evaluation des risques d’exposition : que doit-on mesurer ?
  3. Quelles sont les solutions existantes pour réaliser ces mesures ?
  4. La mesure en temps-réel : renforcer la surveillance et alerter en cas de danger.

Cet article fait suite à la première partie portée sur les risques et la réglementation de la silice cristalline.

Secteur de la construction : Quelles activités sont principalement touchées par cette exposition ?

En février 2010, l’institut de veille sanitaire (InVS) a publié un guide présentant un ensemble d’éléments techniques sur l’exposition professionnelle aux poussières alvéolaires de silice cristalline libre. Cet ouvrage met en évidence les secteurs professionnels concernés ainsi que leurs activités les plus exposées. Les informations qui suivent sont issues de leur recherche.

Nous retrouvons au premier plan le secteur « Mines et Carrières », connu depuis longtemps comme étant touché par des cas de Silicose (maladie pulmonaire provoquée par l’inhalation des poussières de silice cristalline).

Selon l’étude, les chantiers de mines et de carrières ayant le taux de silice cristalline le plus élevé sont entre autres :

  • Mine de minerais métalliques
  • Carrière d’extraction de pierres de construction (uniquement pour les pierres fortement siliceuses)
  • Carrière de production de sables et granulats
  • Carrière d’extraction d’ardoise, d’argile et de kaolin


En ce qui concerne les chantiers de bâtiment et de travaux publics, les opérations les plus à risques sont celles reposant sur le travail du bêton : opération de fabrication et opération mécanique sur le bêton sec. Tous travaux comprenant une activité de ponçage, de perçage, de découpe etc. autrement dit toute activité génératrice de poussières, qui plus est de matière siliceuse, doit faire l’objet d’une vigilance renforcée.

Quelques exemples de grands projets impactés plus fortement :

  • Construction / rénovation d’infrastructures routières
  • Chantier Tunnel
  • Chantier de rénovation de bâtiments


Le site de la FORSAPRE, dédié à la santé au travail dans le BTP – opéré par la GNMST BTP, détaille les postes de travail susceptibles d’être dans un environnement à risque.

Exemples de métiers à risque

  • Travaux publics (activités de terrassements, travaux en galerie, travaux souterrain, rabotage de chaussées, découpe d’enrobés, tronçonnage de bordures) : Maçon VRD, ouvrier routier, terrassier, mineur, puisatier sondeur, foreur.
  • Travaux en carrière : Concassage de pierres, extraction du sable et des graviers, taille de pierres, calcination de diatomée
  • Travaux ferrés (ballastage de voies) : Maçon, terrassiers

Evaluation des risques d’exposition : que doit-on mesurer ?

Comme exigé par le Code du Travail, les environnements professionnels exposés à la silice cristalline doivent faire l’objet d’un contrôle, attestant que les VLEP* réglementaires sont respectées. Ces mesures, réalisées par un organisme accrédité COFRAC, sont à inscrire dans le DUERP (cf – Partie 1 sur les risques et la réglementation).

D’autres organismes, tels que la Haute Autorité de Santé, préconisent d’évaluer le risque d’exposition d’un salarié, entre autres pour assurer un suivi médical adapté.

Pour accompagner les médecins du travail et de l’équipe pluridisciplinaire de Santé au Travail sur ce sujet, la HAS a publié en janvier 2021, des recommandations de bonnes pratiques afin d’identifier et d’estimer l’exposition à la silice cristalline sur l’ensemble de la vie professionnelle d’un salarié.

Ce rapport met en avant 4 facteurs :

  • La probabilité d’exposition
  • La fréquence des tâches et des gestes exposant et l’intensité de l’exposition
  • La durée cumulée des périodes d’exposition
  • Le délai écoulé depuis le début de l’exposition


Pour réunir ces informations et les mentionner dans le dossier médical du salarié concerné, la synthèse de l’étude propose de s’appuyer sur différentes bases de données :

  • les données disponibles dans le Dossier Médical de Santé au Travail,
  • les résultats des mesures d’exposition fournis par l‘entreprise,
  • les fiches du Fichier Actualisé des Situations de Travail (FAST),
  • la Matrice Emploi Exposition MatGéné Silice Cristalline de Santé Publique France,
  • le moteur de recherche SOLVEX de l’INRS.


Ces relevés d’information sont des références utiles pour répondre par exemple à la probabilité d’exposition mais peuvent s’avérer inutile pour calculer la durée cumulée des périodes d’exposition.

Alors comment assurer un environnement de travail sécurisé à ses salariés durant toute la durée de leur activité ?

Le marché des instruments de mesure s’est intéressé au sujet de la poussière de silice cristalline. Il existe désormais plusieurs outils permettant d’en identifier la présence. Néanmoins, les méthodes de mesure diffèrent et l’exactitude des résultats également.

Pour en savoir plus sur la métrologie de la silice cristalline, le rapport de l’ANSES le détaille à partir de la page 121

Quelles sont les solutions existantes pour réaliser ces mesures ?

Le marché des instruments de mesure se divise en deux grandes catégories : les appareils en temps différé (appelés échantillonneur) et les appareils en temps réel.

Les échantillonneurs sont plus couramment utilisés car il s’agit d’une technologie plus ancienne, la seule disponible lorsque les premières réglementations sur les valeurs limites de particules fines sont entrées en vigueur.

Une de leur particularité est de quantifier chaque particule par éléments/agent chimique ce qui permet de balayer un spectre plus large des substances. Contrairement aux outils temps réel, les échantillonneurs disposent d’une limite inférieure de quantification :cela signifie qu’en deçà d’une certaine quantité, les mesures ne sont pas considérées comme significatives alors même que les substances potentiellement dangereuses peuvent être présentes.

Une autre limite constatée est la notion de valeur moyenne d’exposition, issue d’un échantillon pris sur un instant T. Cette méthode ne permet pas de déceler des pics d’exposition et par conséquent, cela peut impacter le niveau de protection mis en place.

La mesure en temps réel : renforcer la surveillance et alerter en cas de danger

Malgré un manque de fiabilité sur la nature de la poussière, les appareils de mesure en temps réel vont mettre en évidence d’autres paramètres pertinents pour la prise de décision.

Les données collectées sur une journée, par les capteurs temps-réel de poussières alvéolaires (portatif ou posé à un point stratégique), permettent d’identifier entre autres :

  • des tâches associées aux émissions,
  • des pics d’exposition/émission, de donner une estimation de l’exposition
  • des dysfonctionnements des dispositifs de protection (alarmes)

Silice Cristalline Alvéolaire : Mieux protéger vos salariés grâce à la solution Uby.

Grâce au capteur portatif de silice cristalline alvéolaire et à notre plateforme NuisAlgo Air, vous avez accès :

👉 au niveau de silice cristalline de vos opérations en temps-réel
👉 à des alertes en cas de pics d’exposition
👉 au calcul en temps réel de l’exposition cumulée au cours de la journée de travail (alertes à l’approche des valeurs limites réglementaires)

De plus, ce mode de fonctionnement évalue au plus juste la durée d’exposition d’un salarié et permet de comparer au seuil de VLEP, basé sur une période de 8h.

Au-delà de l’aspect de contrôle des risques, les solutions temps-réel, telles que celle proposée par Uby, alertent immédiatement lors d’un dépassement de seuil. La personne en charge de la sécurité du chantier peut alors s’assurer que les modes de protection du ou des travailleurs exposé(s) sont en règles ou de réagir si besoin.